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Qui Sont Ces Nouvelles Entreprises De Technologie Financière? Et En Quoi Changent-Elles La Donne?

Le terme « technologie financière » semble courir sur toutes les lèvres ces temps-ci. Ce concept ne serait-il qu’une tendance passagère ou mérite-t-il au contraire qu’on s’y attarde ? Nous nous sommes penchés sur la question.

Qu’entend-on par « technologie financière »?

Le concept de technologie financière (en anglais, « fintech ») fait référence aux entreprises qui trouvent des façons de rendre les services financiers plus efficaces, plus intelligents et plus conviviaux, grâce à l’adoption et à l’intégration de technologies et d’applications innovantes.

Le terme s’applique à différentes filières : paiement électronique, services financiers, transactions d’égal à égal, plates-formes de prêt de rechange et crypto-monnaies. Bien que certaines entreprises ou certains nouveaux systèmes associés à ces filières – comme le Bitcoin par exemple – peuvent sembler peu fiables ou même carrément déroutants, il existe un nombre croissant de fournisseurs qui ne manquent pas d’attrait pour les consommateurs comme pour les entreprises.

Ce sont le plus souvent des entreprises en démarrage qu’on retrouve dans le monde de la technologie financière. À ce titre, elles n’hésitent pas à réinventer la roue et à réécrire de A à Z applications et processus – qui sont souvent complexes et extrêmement difficiles à modifier au sein des entreprises traditionnelles. Ces nouveaux fournisseurs remettent volontiers en question le système en place et changent la donne sur le marché, en proposant de nouveaux logiciels et services que les clients s’attendent maintenant à retrouver chez tous les concurrents.

Un exemple de service dont la popularité va croissant? Le paiement mobile. En fait, dans certains marchés, l’utilisation du téléphone intelligent pour régler ses achats est devenue pratique courante. Il y a aussi les services bancaires mobiles – maintenant plus sûrs, sécurisés et fiables – qui offrent des applications permettant d’effectuer instantanément la plupart des opérations bancaires de tous les jours. Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus à l’aise avec ces services, des fournisseurs tels que Apple Pay commencent à prendre réellement leur envol et forcent les détaillants, les consommateurs et l’industrie financière à s’adapter.

Parmi les entreprises de technologie financière qui retiennent beaucoup l’attention, mentionnons :

  • SoFi : Cette société a commencé par offrir un service de refinancement de prêts étudiants. Puis, à partir de là, elle s’est lancée dans les services financiers aux personnes, notamment les prêts hypothécaires et personnels. En prenant les antécédents professionnels et d’autres facteurs en ligne de compte, SoFi peut offrir des solutions qui ne sont généralement pas à la portée des masses, notamment des consommateurs plus jeunes.
  • OurCrowd : Cette société ayant son siège à Jérusalem est considérée comme un chef de file en matière de financement participatif en capital pour les investisseurs accrédités. Administrée par une équipe de professionnels de l’investissement, OurCrowd finance les entreprises en démarrage et a investi jusqu’à maintenant 170 millions de dollars au profit de 1 500 investisseurs.
  • Square : Un dispositif tout simple qui transforme votre téléphone intelligent ou tablette en une caisse enregistreuse. Il suffit de glisser la carte du client et d’accepter le paiement. Les reçus sont envoyés par courriel et l’utilisateur reçoit des rapports directement sur son portable.

Comment les entreprises de technologie financière bouleversent- elles le marché?

Bien que ces entreprises aient vraiment le vent dans les voiles, elles ne devraient pas éliminer le système bancaire traditionnel. Elles sont plutôt perçues comme un complément au système, en appuyant en quelque sorte les tâches et pratiques habituelles des banques, tout en offrant davantage d’options pour les clients en termes de technologies disponibles au quotidien.

La revue The Economist rapporte que les entreprises de technologie financière de la Silicon Valley ont été financées à hauteur de 4 milliards de dollars en 2013. Ce chiffre est passé à 12 milliards en 2014. Avec un tel afflux de capital de risque – sans parler du financement additionnel – il n’y a aucun doute que cette industrie est promise au succès et qu’elle représente plus qu’un feu de paille!

Ce même rapport décrit les trois grandes manières dont la technologie financière va changer le marché :

1. Réduction des coûts et amélioration de la qualité des services financiers. Non assujetties aux mêmes organismes de réglementation, libres de systèmes informatiques complexes et désuets, et sans la nécessité d’exploiter des succursales ayant pignon sur rue, les sociétés de technologie financière sont dès le départ avantagées sur le plan des coûts par rapport aux institutions financières traditionnelles. Souvent, elles peuvent aussi – tout comme les fournisseurs de prêts non traditionnels – offrir de meilleures conditions pour les emprunteurs et les prêteurs.

2. Évaluation des risques. Ces nouvelles entreprises sont futées en ce sens qu’elles savent tirer profit des renseignements provenant des sites de médias sociaux et des commentaires en ligne pour évaluer le rendement d’une PME. Elles utilisent également l’apprentissage machine afin d’améliorer le processus de souscription. Des sites comme Kickstarter ont même recours au financement participatif pour la capitalisation d’autres sociétés de technologie financière. En misant sur des algorithmes et une nouvelle génération de consommateurs qui aiment l’innovation, les entreprises du secteur peuvent offrir une gamme renouvelée de services tout en limitant leurs propres risques.

3. Diversification et stabilisation du marché du crédit. Étant géographiquement dispersées et sans emplacements ayant pignon sur rue (une lourde charge que doivent supporter beaucoup de firmes traditionnelles), les sociétés de technologie financière ont le potentiel de limiter leur responsabilité. Elles se contentent d’apparier prêteurs et emprunteurs et agissent comme une plate-forme ou comme un intermédiaire aux fins des transactions. Le prêteur assume les risques, tandis que le fournisseur est libre de développer ses affaires et ses offres. Par ailleurs, d’autres prêteurs mieux établis peuvent aussi profiter de leur expertise afin de rejoindre une clientèle ciblée, de profiter des meilleures pratiques et de prendre des décisions plus éclairées, sans limitations sur le plan géographique.

Mon entreprise devrait-elle faire affaire avec une société de technologie de financement? 

Si vous accordez beaucoup d’importance aux relations personnelles dans vos affaires, vous ne retrouverez probablement pas le même cachet en faisant affaire avec une société de technologie financière pour vos besoins de financement. Ces sociétés connaissent une croissance rapide, elles sont à la recherche de nouvelles occasions d’affaires et ne proposent pas nécessairement des services traditionnels en personne. Bien sûr, ce n’est pas le cas pour toutes, mais gardez cet aspect à l’esprit lorsque vous explorerez les options qui s’offrent à vous.

De plus, si vous cherchez à développer un partenariat d’affaires avec une société possédant des antécédents et une expérience solides sur le marché – et non pas avec une entité née d’un investissement massif de capitaux –, les sociétés de technologie financière ne sont probablement pas le bon choix pour vous. Entendons-nous : il n’y a pas de mal à faire affaire avec des entreprises qui sont en démarrage, financées par du capital de risque ou axées sur la croissance – bien au contraire. Les entrepreneurs, propriétaires d’entreprise et autres visionnaires aux commandes de ces sociétés sont à l’avant-garde du progrès et contribuent à faire avancer les choses dans l’ensemble de l’industrie. À ce titre, ils méritent plutôt notre respect.

Rappelez-vous simplement qu’en définitive, toutes les entreprises naissent et meurent. Beaucoup sont avalées par la concurrence, tandis que d’autres connaissent d’importants changements de cap peu après avoir vu le jour. Comme pour toute décision d’affaires, bien faire ses devoirs reste la meilleure pratique pour déterminer quels seraient les partenaires qui vous conviendraient le mieux.

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